L’île de Kinkasan

金華山 | Kinkasan Island

Prenez la mer pour partir à la rencontre des Kami

  • La Côte de Sanriku

Photo by Ryuma Kanaya

Photo by Ryuma Kanaya

L’île de Kinkasan

Photo by Ryuma Kanaya

L’île de Kinkasan

Photo by Ryuma Kanaya

L’île de Kinkasan

Rémi Buquet

Writer / Director

Last Update February 17, 2026

N’en déplaise à Renaud, qui affirmait avec talent et beaucoup de poésie que « c’est pas l’homme qui prend la mer » dans une de ses plus belles chansons, c’est bien la mer qu’il vous faudra prendre pour arriver jusqu’à l’île de Kinkasan. La mer, ou plus précisément l’une des options de navigation proposées : les bateaux qui la desservent peuvent transporter selon leur taille, jusqu’à douze passagers pour les plus petits, et jusqu’à soixante-quinze pour les plus grands. Quant au trajet, il nécessite environ qu’une vingtaine de minutes depuis le port d’Ayukawa.


Vous savez désormais où vous rendre et par quel moyen poursuivre votre voyage jusqu’à cette île, mais vous ignorez encore peut-être pourquoi la choisir parmi les quelque 14.000 que compte l’archipel japonais. Pour faire simple, nous vous la recommandons chaudement parce que cette île inhabitée - sinon par les quelques employés d’un sanctuaire et un grand nombre de cerfs peu farouches - apportera à votre séjour, une touche d’aventure, le rendant aussi mémorable qu’épique. Elle vous offrira également l’occasion d’approcher au plus près le cœur de la religion japonaise.


 


Du point de vue religieux, l’Asie est souvent, à tort, réduite au seul bouddhisme et à l’imaginaire qui en découle. La figure de Bouddha est en effet largement connue, notamment à travers les statues monumentales de Kamakura ou de Nara. Certains d’entre vous ont peut-être entendu parler des boddhisattva, ces êtres qui, selon le bouddhisme, retardent volontairement leur entrée dans le nirvana par compassion envers le reste de l’humanité, afin de lui venir en aide. Parmi eux figure Kannon-sama, dont une statue de pas moins de cent mètres a été érigée au nord de Sendai au début des années 1990 (visible depuis les hauteurs où se trouvait autrefois le château de la ville). Mais si vous partez à la recherche du Japon plus authentique, presque indigène, il vous faudra suivre les traces du shintoïsme, une autre religion, dont les rites et les croyances se sont entremêlés à ceux du bouddhisme, pour donner naissance au syncrétisme religieux dans lequel les Japonais baignent au quotidien.


Le shintō, comme l’appellent les Japonais, signifie littéralement « la Voie des Dieux ». Contrairement aux monothéismes auxquels peut-être nous sommes plus habitués, cette religion ne s’est pas développée à partir d’un livre sacré unique, n’a pas été fondée par un personnage quasi divin, et ne repose pas non plus sur un véritable dogme strict. Il s’agit avant tout d’un ensemble de pratiques et de croyances selon lesquelles le monde est peuplé de forces sacrées appelées kami. Ces esprits de la nature sont vénérés dans des sanctuaires, plus nombreux encore que les supérettes (les konbini), pourtant elles-mêmes omniprésentes dans l’archipel. Les Dieux n’ont donc, pourrait-on ironiser, nul besoin d’une Voie, tant ils sont partout.

Cette omniprésence se manifeste au quotidien à travers des rites régis par un calendrier propre, mais aussi dans l’espace, via ces sanctuaires que l’on distingue des temples bouddhistes grâce à la présence d’un torii : une arche sous laquelle il convient de passer pour entrer, en prenant soin de marcher sur les côtés, le centre étant réservé aux kami.


Une fois débarqué sur l’île de Kinkasan, il vous faudra emprunter un petit chemin menant au sanctuaire Koganeyama, fondé en 750, où se déroulent encore aujourd’hui divers rituels attirant un grand nombre de curieux. Mais au-delà des bâtiments de ce lieu ancestral, ce sont surtout les paysages qui retiendront votre attention : une nature presque vierge ponctuée de quelques power-spots, ces lieux auxquels on prête des vertus porte-bonheur. La légende raconte en effet que si vous venez trois années de suite sur cette île, les kami de la Fortune veilleront à ce que vous ne rencontriez aucun problème d’argent de toute votre vie. Avouez que la promesse a de quoi séduire même les moins superstitieux et les plus rationnels d’entre vous. C’est également l’occasion d’orner votre carnet de goshuin : ces sceaux, souvent calligraphiés à la main sur place, donnés aux fidèles et aux visiteurs.


 


Cette île vous dépaysera par ses paysages, vous apaisera par sa tranquillité et vous permettra, sinon de devenir immensément riche, du moins d’en apprendre davantage sur la spiritualité des Japonais et d’en ressortir culturellement enrichi. Bref, si la curiosité vous anime, si sortir de l’ornière ne vous effraie pas et que vous avez soif de découvrir des espaces méconnus, n’hésitez pas à vous jeter à l’eau. Enfin, pas littéralement : des bateaux sont là pour vous simplifier la tâche, et vous mener sur l’île, où commencera sans doute l’une des plus belles pages de votre séjour.


 


Veuillez accepter les cookies de médias externes pour voir cette carte.

Details

ADDRESS

Kinkasan-5 Ayukawahama, Ishinomaki-shi, Miyagi 986-2523

ACCESS BY PUBLIC TRANSIT

Depuis Ayukawa : 20 minutes en bateau avec la compagnie Dream Liner (uniquement le Dimanche) ou Kaijo Taxi Kuroshio (https://kinkasan.com/).
Depuis Onagawa : 35 minutes en bateau avec la compagnie Ushio Planning Boat (http://ushio-planning.co.jp)

ADMISSION

L’accès à l’île est gratuity.
La traversée coûte :
-Ushio Planning : 5000 yen pour un adulte et 2500 yen pour un enfant (AR)
-Dream Liner : 3000 yen pour un adulte et 1500 yen pour un enfant (AR)
-Kaijo Taxi Kuroshio (5+ passagers) : 3500 yen pour un adulte et 2000 yen pour un enfant (AR)

LANGUAGES

Japonais uniquement.

HANDICAP ACCESSIBLE

Non

HOURS

Consulter les horaires des navires

PHONE

0225-45-2301