L’ambiance Yokochô

横丁 | Yokocho Culture

Vivez une soirée à la japonaise dans ces allées situées quasiment hors du temps

  • Sendai

Photo by Ryuma Kanaya

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L’ambiance Yokochô

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L’ambiance Yokochô

Rémi Buquet

Writer / Director

Last Update February 17, 2026

Nul besoin d’avoir décroché un doctorat en philosophie pour savoir - comme le savaient déjà les penseurs grecs - que l’homme est un animal social. Nous avons tous besoin, à des degrés divers, de communiquer avec notre prochain pour nous épanouir, nous sentir vivre et plus généralement, nous sentir bien. La conversation est d’ailleurs souvent considérée comme un art, et la discussion - voire la dispute ou la joute verbale - pourrait être élevée au rang de discipline olympique tant le verbe fait partie de notre quotidien.


Il en va bien entendu de même au Japon, où il est de bon ton, lorsqu’on entame une phrase, de savoir non seulement la rythmer, mais aussi de lui donner une chute – appellée ochi en japonais – destinée à produire un léger effet sur votre interlocuteur ou votre auditoire. Dans ce pays où le travail occupe une place peut-être plus centrale qu’ailleurs, il est également fréquent de se retrouver entre collègues après les horaires du bureau. La communication s’y fait alors plus relâchée, moins formelle, et s’accompagne de quelques bonnes rasades, comme le sous-entend le néologisme nominication (du verbe nomu, « boire »). Quoi de mieux, pour cela, que l’une des nombreuses échoppes que l’on trouve dans ces ruelles étroites appelées yokochô ?


Le terme n’est pas propre à la région de Miyagi, et l’on en trouve dans la plupart des grandes villes japonaises, sous des formes plus ou moins étendues. Il désigne un enchevêtrement de ruelles étroites, réservées aux piétons, qui, dans une semi-pénombre caractéristique des soirées japonaises, offrent au regard une profusion d’enseignes dont beaucoup exhalent la nostalgie d’une époque où la technologie n’avait pas encore pris le pas sur tous les autres aspects de notre vie.

Ces débits de boissons séduisent précisément parce qu’ils sont uniques : on n’y retrouve jamais ce que l’on a vu ailleurs en poussant leur porte. On y commande généralement d’emblée une bière selon le fameux mot d’ordre « toriaezu biru » (littéralement « d’abord une pression ») avant de parcourir la carte avec un regard passionné, digne des gourmets croqués par Jiro Taniguchi. Contrairement aux restaurants et hôtels qui émaillent l’archipel, le confort y est ici largement accessoire. Vous ne garderez sans doute pas toute votre vie le souvenir du tabouret sur lequel vous étiez assis, mais il y a de grandes chances qu’il en aille autrement pour tout ce que vous observerez de votre place au comptoir : les gestes du chef, les portions servies, la décoration délicieusement surannée, les vapeurs, l’entrechoquement des verres, les allées et venues des employés de bureau cherchant un endroit où vous imiter… et puis les rires. Car ce sont eux, bien plus que les boissons ou les mets, que l’on vient ici essentiellement chercher.


Noyées dans une semi-pénombre, ces ruelles dont les entrées prennent souvent la forme d’arches rappelant celles des sanctuaires – en plus lumineuses toutefois -, vous conduiront vers un monde presque hors du temps et pour ainsi dire hors de l’agitation de la ville. Si elles peuvent intimider au premier abord, vous n’avez aucune inquiétude à avoir quant à votre sécurité. Alors n’hésitez pas à les arpenter : vous ne le regretterez pas.


Details

ACCESS BY PUBLIC TRANSIT

5 min à pied depuis la station Aoba-dori Ichibancho (Ligne Tozai)

ADMISSION

Entrée gratuite

CREDIT CARDS

Selon l’établissement

LANGUAGES

Selon l’établissement

HANDICAP ACCESSIBLE

Oui

HOURS

Les ruelles sont toujours ouvertes

RESERVATION

Selon l’établissement

CLOSED DAYS

Selon l’établissement