La mémoire humaine n’est pas sans défaut. Si notre prodigieuse capacité de mémorisation nous permet de partager très rapidement avec autrui, de façon consciente ou inconsciente, des références que nous avons apprises, lues ou entendues, et ce, sans que nous ayons besoin de fouiller au préalable dans chaque tiroir de notre cerveau ou de rafraichir sans cesse une mémoire plus dormante que vive, il nous arrive d’oublier des choses. Cela peut être un rendez-vous, une course à faire, la date d’un baiser donné, ou encore une déclinaison latine apprise jadis par exemple. Mais il est des choses dont vous pouvez être sûr et certain que vous garderez toute votre vie, et leur vision, et votre ressenti.
La cataracte d’Akiu est de celles-là.
Mais avant d’en expliquer les raisons et d’en décrire les moindres détails, il faut planter le décor. Vous connaissez peut-être déjà la région du même nom. Akiu fait partie de ces bourgades que les Japonais affectionnent tout particulièrement parce qu’elle offre un point de fuite à courte distance des zones urbaines et parce qu’elle abrite des sources chaudes dans lesquelles, vous le savez déjà, ils aiment se prélasser.
Vous pourrez ainsi très facilement passer une nuit dans une de ces auberges traditionnelles appelées ryokan (ou plutôt deux car ce n’est qu’en ayant une journée complète – comprenez sans le stress du départ – que l’on peut réellement profiter du repos complet auquel invitent ces hébergements). Vous y vivrez alors un temps à la japonaise : dormir sur un futon posé sur un tatami, vous habiller d’un yukata, vous réchauffer dans les onsen… Et puis partir en pérégrination dans les environs afin de découvrir les spécialités de Miyagi, en les accompagnant, pourquoi pas, d’une bière de la brasserie Great Dane ou d’une bonne bouteille de vin issue des vignobles d’Akiu. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à une eau qui vous apaisera moins qu’elle ne vous fascinera.
À moins d’être un marcheur aguerri que le mot dénivelé n’effraie pas, le site est principalement accessible en voiture. Une fois descendu de votre moyen de locomotion et avoir fait les quelques mètres menant à un belvédère aménagé, vous aurez enfin sous les yeux l’une des trois grandes cascades du Japon. Il est toutefois fort probable que vous en perceviez le grondement avant même de l’apercevoir. Prenez-le comme un repère, un avant-goût, avant de découvrir un spectacle des plus majestueux que nous vous encourageons fortement à ne pas manquer si vous êtes dans la région.
La splendeur de ces cascades se trouvera par ailleurs sublimée par la saison à laquelle vous choisirez d’aller les observer. Explosion de puissance au cœur d’un écrin de verdure au printemps et en été, la cataracte magnifie, à l’automne, les feuillages aux milles nuances de rouge. Et si vous osez braver la neige hivernale, elle vous évoquera aussitôt les plus belles peintures réalisées à l’encre du pays. Un lieu incontournable, avant de retourner vous prélasser dans des eaux plus chaudes et nettement plus calmes !
WEBSITEhttp://www.city.sendai.jp/ryokuchihozen/mesho100sen/ichiran/077.html


