Au Japon, vous n’aurez pas à patienter bien longtemps au restaurant avant qu’un verre d’eau bien fraîche vous soit servi. Il arrive même qu’il vous soit apporté aussitôt après que vous vous êtes assis. Cela fait partie de cette fameuse hospitalité à la japonaise qu’une ancienne journaliste a popularisée sous le nom d’omotenashi. Et lorsque le menu des boissons vous sera tendu, vous n’aurez que l’embarras du choix, tant les Japonais apprécient la variété : dans les saveurs, dans les genres, dans les alcools et même dans les températures. Savez-vous par exemple que le saké peut se savourer aussi bien froid que chaud, selon ce que vous mangez ou, plus prosaïquement, selon vos goûts ?
Le saké est un univers dont on commence seulement à percevoir la profondeur et la richesse en France, mais si vous vous rendez au Japon, vous ne tarderez pas à sentir à quel point cette boisson est culturellement intégrée au quotidien ici. Et comment évoquer la région de Miyagi sans citer l’un de ses joyaux, à savoir la maison Urakasumi, fondée en 1724 dans la ville portuaire de Shiogama ?
Cette agréable bourgade est connue pour compter l’une des plus fortes densités de restaurants de sushi de tout l’archipel, pour abriter un sanctuaire shinto pluriséculaire, pour la qualité de son sel (shio en japonais) et pour son marché aux poissons particulièrement accueillant. Mais elle est également réputée pour l’excellence de ses sakés, et nous ne pouvons que trop vous conseiller de vous rendre sans attendre dans les locaux de la brasserie Urakasumi. Vous pourrez non seulement y acheter directement du saké auprès du producteur, mais aussi goûter, de manière très ludique, les différentes gammes emblématiques de la maison.
Il vous suffira de vous acquitter de quelques centaines de yens pour obtenir un ochoko (le petit verre traditionnel dans lequel les Japonais boivent le saké) et quatre jetons, que vous pourrez librement utiliser dans le distributeur jouxtant le comptoir afin d’effectuer votre dégustation.
Pour ceux qui seraient totalement novices en la matière, rappelons que le saké japonais est bien loin du tord-boyaux qui est malheureusement encore servi en fin de repas dans certains établissements asiatiques en Europe. Il s’agit d’une boisson hautement raffinée, dont le degré d’alcool est proche de celui de nos vins, et dont les potentialités d’accords mets-saké suscitent aujourd’hui l’intérêt des meilleurs sommeliers français, de plus en plus nombreux à l’intégrer à leur carte. Des maisons comme Urakasumi attachent un point d’honneur à la sélection de l’eau et du riz à partir desquels leurs sakés sont élaborés. Le reste repose sur le savoir-faire du tôji, l’équivalent japonais du maître de chai, et celui d’Urakasumi est, vous vous en doutez, de très haute volée.
Profitez de cette dégustation pour poser quelques jalons dans un monde qui vous est peut-être encore inconnu, et n’hésitez pas à repérer les sakés qui vous auront séduit dans les menus des izakaya où vous vous restaurerez. Nul doute que cela sublimera vos repas. Et si vous êtes en quête d’un petit plaisir de gourmet, pourquoi ne pas vous laisser tenter par un sparkling saké, pour donner encore plus d’effervescence à votre séjour ?
