Le Japon est connu pour mille choses différentes, et tous les touristes qui en arpentent les rues le font avec leur propre imaginaire, leurs propres envies et leurs propres affinités. Certains ne jureront ainsi que par la cuisine, d’autres par la pop culture, mais tous s’accorderont néanmoins sur le fait que, dans l’activité bouillonnante de l’archipel, subsistent des témoins d’une histoire ancestrale auprès desquels il est pour le moins agréable de venir interroger le passé. Les temples et les sanctuaires, bien sûr. Mais les châteaux sont aussi de ceux-là.
Lorsqu’un Occidental pense à un château, il convoque presque immédiatement le Moyen Âge avec son univers belliqueux, ses princes, ses gens d’armes et ses tournois. Au Japon, si ces places fortes ont pu, ici comme ailleurs, assurer une fonction défensive ou soutenir un siège, leur rôle premier était avant tout d’affirmer un pouvoir et une autorité. Si celui de Shiroishi, qui nous intéresse ici, est bien loin d’afficher une silhouette imposante de châteaux comme Himeji ou Matsumoto, il n’en occupait pas moins une position clé en contrôlant le passage méridional vers le domaine de Sendai.
Ce château fut confié au clan Katakura en récompense de la loyauté avec laquelle son plus illustre représentant, Katakura Kojūrō, avait servi Masamune. Les archives évoquent même ce dernier comme celui « qui tempérait les excès du dragon borgne ». Si le bâtiment se distingue par une architecture résolument fonctionnelle, organisée autour de remparts et de portes fortifiées, la sobriété de son apparence traduit moins un manque d’ambition qu’une contrainte politique.
Le shogunat Tokugawa limitait en effet strictement la construction et la rénovation des châteaux afin de prévenir toute velléité de rébellion. Considéré comme un simple château auxiliaire par les autorités, Shiroishi apparaissait ainsi suffisamment dissuasif pour défendre le fief environnant, sans toutefois inquiéter le pouvoir central à Edo.
Démantelé lors de la restauration de Meiji, le château fut rebâti à la fin du siècle dernier en faisant appel à des techniques traditionnelles du travail du bois. Depuis 1995, il offre aux visiteurs qui gravissent ses escaliers une immersion dans le Japon féodal. Et si vous ne pourrez plus, depuis son sommet, apercevoir des guerriers galopant à travers la plaine, il vous sera toujours possible d’embrasser du regard ces terres sur lesquelles le bras droit de Date Masamune veillait jadis comme sur la prunelle de ses yeux.
Libre à vous ensuite de vous prêter à une petite expérience locale en troquant vos habits contre une tenue de samouraï le temps de quelques clichés. Puis partez flâner dans la charmante petite ville de Shiroishi pour y déguster les nouilles locales, les célèbres ūmen, qui sauront au choix vous rafraîchir ou vous réchauffer selon que vous les préférez froides ou chaudes et, dans tous les cas, pleinement vous rassasier !
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