Les recettes de grands-mères faisaient florès bien avant les réseaux, les filtres et ces effets colorés que les gourmets d’aujourd’hui appliquent à leurs photos. Il suffisait de soulever le couvercle d’une marmite, de touiller dans une casserole ou simplement de faire un pas dans la cuisine pour qu’une odeur vous enveloppe et suscite l’irrésistible envie de vous attabler sans tarder. On trouve ce phénomène dans tous les pays, toutes les régions, toutes les villes, tous les foyers. Dans la région de Miyagi, c’est le hatto qui joue ce rôle de plat familial aussi simple que réconfortant, qui vient réjouir petits et grands.
Cette pâte, composée principalement de farine de blé et d’eau, est d’abord pétrie puis étirée à la main afin d’en faire de fines lamelles ou de grossiers morceaux irréguliers. Ceux-ci sont ensuite cuits dans un bouillon préparé à base de sauce soja, de dashi et de légumes. La suite de la recette dépend à la fois des affinités et, ici comme ailleurs, de ce qu’il reste dans les placards. On peut y ajouter le fameux daikon, des carottes, ou encore des champignons par exemple.
Ce plat trouve son origine dans les espaces ruraux de la région, à une époque où le travail aux champs étaient une exigence quotidienne harassante et où une part conséquente du riz cultivée étant versée au seigneur local, les habitants se sont tournés vers le blé pour se préparer un repas des plus consistant. À l’image de l’irrégularité des morceaux de pâtes, le hatto incarne une cuisine rustique et faite maison, généralement préparée en famille et destinée avant tout à réchauffer des corps transis et fatigués par l’effort.
Recette emblématique de Miyagi, le hatto contraste avec les mets raffinés auxquels le Japon est souvent réduit. Il n’en reste pas moins un plat profondément convivial, et forcément très apprécié de tous ceux qui bravent l’hiver.
Si l’expérience vous tente, il est possible de participer à un atelier cuisine et de faire vôtre cette recette, aux côtés d’une cuisinière aguerrie. Rassurez-vous : il est inutile d’être un cordon bleu ou d’avoir tenté plusieurs fois le concours de Meilleur Ouvrier de France pour s’y inscrire.
Les gestes demandés sont simples et quiconque a déjà coupé un légume dans sa vie s’en tirera sans aucune difficulté. Les cuisinières, en outre, ne sont pas avares de compliments. Aussi, si le hasard faisait que vous manquiez ces temps-ci de confiance en vous ou si vous traversiez un petit passage à vide, nous ne saurions trop vous conseiller d’aller préparer un hatto en leur compagnie : vous ressortirez de cet atelier, non seulement repu, mais aussi mentalement requinqué pour au moins quinze années !
